Soumission: Les signes d’appartenance

Dans un précédent article, nous avons vu qu’il était plus ou moins facile de définir les rôles de dominants et de dominés dans les jeux de soumission. Nous avons également vu que la voix ainsi que le regard étaient les outils les plus simples pour débuter tout en douceur dans le masochisme. Aujourd’hui, je vous propose de passer en revue différents objet qui sont utilisés dans les jeux de soumission. Vous allez voir que des objets anodins peuvent être détournés de leur fonction première pour devenir de véritable objets de fascination, d’adoration et de soumission. Ne perdons pas plus de temps rentrons dans le vif du sujet!

 

Les objets adéquats pour une soumission

 

Au delà du port ponctuel, certains accessoires marquent l’appartenance, une sensation dont les habitants de la planète masochiste sont friands. Collier de chien, étui pénien sous le pantalon ou boules de geisha au fond du sexe peuvent être portés en l’honneur de la personne à laquelle on appartient à des moments qu’elle aura définis, voire en permanence, s’il s’agit d’un tatouage ou d’un piercing. Ce signe d’appartenance donne un sens à la vie des soumis. Le dominant renforce le lien avec le soumis par le biais d’un signe hautement symbolique.

Ces accessoires augmentent la soumission de l’un et le pouvoir de l’autre. La sensation d’un corps étranger comme celle d’une modification corporelle accentue le sentiment de soumission de « S » à l’égard du « D ».

Un petit avertissement aux dominants qui rêvent de posséder un cheptel d’esclaves à l’instar de certaines dominatrices: la multiplicité des possessions requiert une énergie considérable. C’est comme les résidences secondaires. Pensez à l’huile de coude pour enfiler des plugs et des chapelets thaïlandais, et au temps que prend le choix d’un motif de tatouage…

La gestion d’un cheptel n’est pas une sinécure!!

 

Le collier

Le signe de soumission le plus répandu est le collier de cuir, de latex ou de vinyle. C’est l’attribut par excellence du « S ». Un collier de chien n’engage à rien. On l’attache au cou du « bottom ». C’est une petite cérémonie en soi. « Toi, tu es soumis(e). C’est moi qui commande. Je t’emmène en laisse dans l’appartement si j’en ai envie. »

On le ferme à l’aide d’un cadenas qui comporte un jeu de plusieurs clés. Inutile de trop serrer, il faut pouvoir tourner la tête, la baisser et la lever. Gêner la respiration ou irriter le cou de l’esclave nuirait à ses performances sexuelles.

  • « D », ordonnez au « bottom » de porter le collier lorsque vous avez envie de jouer.
  • « S », mettez le collier pour signifier votre entière soumission à votre partenaire
  • Dans une relation plus étroite, un D ordonne au S d’aller mettre son collier sous sa chemise aux toilettes alors qu’il se trouve sur son lieu de travail.
  • Un D peut attacher la laisse du S au pied de la table ou au pied de sa chaise.
  • A une soirée, tendez la laisse de votre S à un(e) ami(e): « Tiens, je te le prête. Il n’aime pas les coups, mais il adore marcher au bout de sa laisse. » Énoncez d’un ton léger les conditions d’utilisation, selon les limites et les tabous de votre S: « Ne le frappe pas, c’est un douillet, pas de pénétration, c’est chasse gardée », etc…

Par bravade, par provocation ou désir d’exhibition, certains soumis arborent un collier en pleine rue, dissimulé sous un foulard ou un col de vêtement. En toutes circonstances, le S veille et garde une clé à portée de main à tout instant.

« Mon collier, c’est mon appartenance à toi, totale. Son cuir tressé, magnifique par la sueur dans la violence de tes coups reçus, est le reflet de mon abandon et de ma confiance infinie en toi. Je t’ai choisie, élection suprême! C’est toi et personne d’autre à qui j’appartiens et qui, en fermant le cadenas verrouillant du collier, m’assures de mon immense liberté. »

Patrick

collier en cuir avec sa laisse pour des jeux de soumission et de domination

Le troubadour

Chez les poètes et les soumis intellectuels, l’écriture est parfois ressentie comme un besoin. Le troubadour traduit en mots ce qu’il ressent aux pieds d’un D. C’est son instinct de soumission.

C’est ainsi qu’il transcrit l »émotion qui participe aux jeux sexuels, voire les sensations qui accompagnent les punitions. Il jouit des effets du manque causé par l’absence du D, qu’il comble par la délicieuse mise à distance de l’écriture. C’est aussi un moyen de raviver le souvenir d’un moment magique, et peut être de l’enjoliver.

On couche parfois sur papier les fantasmes les plus fous. Des hommes soumis tiennent un journal où s’exprime leur désir d’appartenance. C’est un recueillement quotidien dédié à la belle qui les fascine.

A priori, elle sera l’unique lectrice de leurs écrits intimes. Si tenir un journal est un ordre, le soumis s’engage alors à poursuivre sa rédaction… jusqu’au jour où l’un des partenaires se lasse!

Une relation épistolaire peut tenir lieu de journal. Les lettres de Salomé à son maître Mastermind ont été publiées en 2002 sous le titre Soumise.

Maîtres et maîtresses, exigez de votre esclave une ou deux lettres manuscrites par semaine ou encore une pensée quotidienne, la pensée du jour, expédiée par courriel. C’est une excellente manière d’intensifier la cérébralité d’une relation et de renforcer un lien.

 

« Mes pensées cette nuit se sont bien sûr orientées sur ma Maîtresse mais aussi sur ma transition et sur les moyens à mettre en place pour l’étayer.

J’ai donc décidé de mettre en place:

1- Un journal, je vous l’envoie et vous remercie infiniment de l’accepter (ça m’aide beaucoup).

2- De mettre en place une liste de commandements, qui seront concrets, pragmatiques et adaptés à ma soumission à ma Maîtresse. Cette liste ne sera pas limitative et sera évolutive. Elle doit me permettre de maintenir le cap et m’aider à surmonter les moments d’égarement à venir et probables.

3- De commencer à écrire une ode à ma Maîtresse. Elle sera sans fin. Je ne m’arrêterai pas de l’alimenter. J’ai déjà une idée du style poétique de cette ode, dont je vous présenterai bientôt un extrait. Je vous remercie pour votre attention et vous prie de recevoir, Maîtresse Dana, l’expression de mon entier dévouement. »

Esclave Lo à Maîtresse Dana

 

La ceinture

L’attente a une importance considérable sur la planète masochisme. Attendre un rendez-vous, le retour de l’être aimé. Rester au piquet selon le bon plaisir du D. Attendre un(e) partenaire à genoux dans le noir. Lassés de se masturber en solitaire, certains soumis préfèrent que leur maîtresse les en empêche. Cela intensifie la conscience de l’attente. Qui aurait imaginé une ceinture de chasteté masculine à l’époque des donjons du XIVème siècle, lorsque François de Carrare l’inventa? Au début des années 2000, on a en effet renversé la vapeur. Des hommes ont adapté à leur usage une ceinture autrefois destinée à garantir la fidélité de l’épouse d’un châtelain. Le jeu est très couru, puisque je suis le visiteur N°1.900.642 sur le site CB 2000, dont l’homonyme fabrique des coffres-forts quelque part en Californie. Le site commercialise la plus abordable: la cage. En plastique transparent, gris fumé, rose fluorescent ou noir, cet étui pénien tient sans ceinture. Facile à manipuler, le gadget n’a pas l’esthétique d’une véritable ceinture de chasteté. En outre il se raye, et risque de se casser en tombant. Mais cette cage à oiseau satisfait en général celui qui la porte! D’autres sites proposent des ceintures conçues dans l’esprit du temps jadis, l’époque où les seigneurs guerroyaient à cent lieux de la couche conjugale et mouraient aux croisades. Certains modèles de luxe à l’intérieur molletonné sont fabriqués en Allemagne. Un traitement inoxydable garantit la qualité du métal.

 

–> Dans la pratique

Le soumis achètera lui-même sa ceinture ou sa cage, non sans avoir consulté le D qui gardera une clé. Si les partenaires ne vivent pas sous le même toit, la détentrice ou le détenteur du trousseau choisira une cachette où dissimuler la seconde clé au domicile du soumis. En cas d’urgence, le secret sera révélé par téléphone. On peut aussi placer la clé dans une enveloppe cachetée à ouvrir en cas d’urgence. L’esclave portera de temps à autre (ou d’une manière régulière selon le pacte qui aura été établi) cet obstacle à bandaison et à la masturbation sur son lieu de travail, jouissant d’une sensation de contrainte susceptible de lui faciliter les tâches les plus ingrates. Cages et ceintures sensibilisent la zone génitale d’une manière incroyable. A la différence du collier, on ne risque pas de l’oublier, vue la gêne ressentie pour uriner, et la nécessité de nettoyer la cage ou la ceinture dans un lavabo avant de se reculotter.

Le port de la ceinture est déconseillé à ceux qui empruntent l’avion car il faut franchir le portique de sécurité. Les grands voyageurs peuvent acquérir un cadenas en plastique pour verrouiller leur cage, indécelable aux yeux des policiers sous un pantalon à pinces. Ils circuleront alors d’un terminal à un autre en toute tranquillité. Attention cependant aux aéroports des pays émergents qui pratiquent une fouille corporelle, comme l’Inde ou le Pakistan

 

Si une soumise est curieuse d’expérimenter les sensations éprouvées par ses ancêtres médiévales, elle découvrira de son côté les sensations uniques de contrainte permanente sous une ceinture de chasteté féminine. Le harnais de cuir est composé de ceux ceintures réglables et de trois ou quatre cadenas. Aux dires des femmes qui l’ont essayée, la ceinture de chasteté se révèle plutôt excitante lorsque l’accessoire est bien conçu et mis en place correctement. Dans son livre Le Lien , Vanessa Duriès se plaint des irritations occasionnées par la lanière de la ceinture que lui faisait porter son maître. Elle lui enserrait l’entrejambe alors qu’elle était étudiante, et frottait pendant des heures contre les bancs de la fac. En raison de la multiplicité des cadenas, il est préférable qu’une soumise ne soit pas seule pour ôter son harnais. Son maître sera à ses côtés, prêt à l’aider dans ce moment-là.

Mon conseil aux maître(sse)s sollicités par des soumis désireux de porter la cage ou la ceinture de chasteté: éviter de céder à plusieurs requêtes. La multiplicité de vos possessions vous transformerait en réceptionniste d’hôtel, à gérer jour et nuit un tableau de clés numérotées, et leur dépendance entraînerait la vôtre.

« Si vous voulez comprendre le motif profond de tout cela, je ne saurais trop vous recommander de rester dans l’abstinence la plus totale. J’entends, garder les mains, passez-moi l’expression, au-dessus de la ceinture, et renoncer à tout ce qui peut créer une satisfaction sexuelle, jusqu’à ce que peut-être quelque chose vous révèle le fin mot de l’histoire. C’est très difficile. Y arriverez-vous? j’en doute fort. C’est pourquoi je peux vous proposer mon aide. Un temps de pose, puis il enfonce le clou. Bien utilisé, le port de la ceinture fait descendre au fond de soi-même. »

Nathalie Ours, La ceinture, éditions La musardine, 2006.

 

Les boules de geisha

Boules de geisha, plug ergonomique, chapelet de perles de plastique reliées entres elles: on les introduit dans le vagin ou dans l’anus du soumis. La sensation d’être rempli et possédé transforme cette interaction sexuelle en jeu D/S.

Le D choisira un lieu incongru comme un ascenseur, une voiture ou une salle de cinéma pour enfiler discrètement les boules ou les perles au bottom. Les circonstances décalées comptent autant que le port de l’accessoire lui-même, qui stimule par ailleurs les muscles de la zone génitale.

Un bottom peut aisément supporter des boules de geisha dans le vagin ou un chapelet dans l’anus toute une journée. « Je me promène avec mes boules » disent les adeptes gay de perles thaïlandaises. Au moment de retirer le chapelet, un mouvement de va-et-vient porte l’excitation à son paroxysme. La subtilité réside dans la manière d’extraire les perles, lentement… une à une…floc…floc…floc…

Un top peut obliger un bottom à faire du jogging en portant au fond de soi une paire de boules légères. Attention: courir avec un plug dans l’anus est inconfortable. L’objet glisse vers l’extérieur à chaque enjambée. Une femme peut conserver un plug au cours d’un coït, d’une fellation ou d’un cunnilingus. L’idée et la sensation du corps étranger exacerbent sa propre jouissance et celle de son partenaire. Évitez de placer des boules de geisha dans l’anus: la rupture du fil qui les relie a déjà conduit plus d’un imprudent à l’hôpital.

 

Boules de geisha key by jopen sont idéales pour les jeux de soumission

 

L’art corporel

Dans 90% des cas, c’est le bottom qui veut un piercing ou un tatouage. Dans le cas où cette marque deviendrait un signe d’appartenance, le top aura ensuite le loisir de jouer avec. Phénomène de mode, l’art corporel exprime aujourd’hui une affirmation identitaire sexuelle et sociale, et signale parfois l’appartenance à une tribu urbaine.

 

Le tatouage

Le tatouage, dessin à l’encre dans l’épaisseur de l’épiderme, exécuté à l’aiguille par un spécialiste dans une zone symbolique du corps est avant tout une modification sacrificielle, un rituel SM, au même titre que le piercing. S’il symbolise la force d’un sentiment ou une appartenance. Dans le cadre d’une soumission totale, la personne adopte parfois l’identité du D en arborant un tatouage à son effigie. Mieux vaut y réfléchir à deux fois avant de se faire tatouer le signe astrologique de la personne ou la mention « A Vanessa pour la vie »!

tatouage sm pour affirmer sa soumission à son maître

 

–> Dans la pratique

Préférez un animal fétiche, une fleur, et pourquoi pas, si vous êtes douillet ou pas assez sûr de vous, un tatouage temporaire qui s’efface avec le temps, ou une simple décalcomanie! On trouve des bracelets d’épines plastifiées et de fausses blessures dans les magasins de farces et attrapes. Au sein d’un couple, le tatouage oblige le top à tenir la main du bottom pendant les séances. Sachez qu’un motif de grande taille nécessite plusieurs tranches de travail de quatre heures chez le tatoueur, le temps, pour une maîtresse, d’une pédicure-manucure et d’une coupe-brushing, si le top est femme.

Le tatoueur signale l’existence des tatoués sans tatouage, ceux qui entraînent leur compagne plus ou moins consentante, prétextant qu’elle n’oserait pas venir seule et jubilant devant l’inquiétude de la soumise ».

Florence Borel, Le vêtement incarné, Calmann-Levy, 1992.

Le piercing

Tige prolongée d’une ou plusieurs billes d’acier ou anneau traversant la peau, le piercing est rapide à exécuter et présente l’avantage d’être amovible. On transperce la peau du pénis, un mamelon, la langue ou les petites lèvres. Comptez deux mois entiers pour une bonne cicatrisation et deux mois supplémentaires avant de faire joujou. L’inox chirurgical évite que les anneaux et les tiges ne perdent leur éclat. L’or s’utilise pour les petites lèvres, percées chacune d’un anneau fin fermé par un petit cadenas à des moments définis par le top. Ici aussi, le soumis décide par lui-même avant d’en parler à un(e) partenaire qui jouera le rôle dominant.

–> Dans la pratique

Les anneaux qui décorent les mamelons et le pénis d’un S servent à suspendre toutes sortes d’objets. On entend se déplacer un bottom dont on aura équipé le sexe d’une clochette. Des poids de canne à pêche musclent les parties s’il s’agit d’un homme. La laisse est utile à l’heure de la promenade. La clé USB ou le téléphone portable sont à portée de main. Un piercing de langue au cours d’une fellation ou d’un cunnilingus. Le piercing est un petit objet discret mais il a une grande utilité dans les jeux de soumission!

 

Piercings et tatouages ne doivent pas être réalisés à la sauvette. Les tatoueurs et les perceurs professionnels offrent la meilleure garantie contre les infections et l’hépatite.

 

C’étaient des anneaux de fer mat inoxydable, comme le fer de la bague doublée d’or. La tige en était ronde, épaisse comme un gros crayon de couleur, et ils étaient oblongs: les maillons des grosses chaînes sont semblables. Anne-Marie montra à O que chacun était formé d’un U qui s’emboîtait l’un dans l’autre. « Ce n’est que le modèle définitif, tu vois, il y a un ressort à l’intérieur sur lequel on doit forcer pour le faire pénétrer dans la rainure où il se bloque. Une fois posé, il est impossible de l’ôter, il faut limer. » Chaque anneau était long comme deux phalanges du petit doigt, qu’on y pouvait glisser. A chacun était suspendu, comme un nouveau maillon, ou comme au support d’une boucle d’oreille et le prolonger, un disque de même métal aussi large que l’anneau était long. Sur une des faces, un triskèle niellé d’or, sur l’autre, rien. « Sur l’autre, dit Anne-Marie, il y aura ton nom, ton titre, le nom et le prénom de Sir Stephen, et au-dessus, un fouet et une cravache entrecroisés ».

Pauline Réage, Histoire d’O, 1954

 

Le branding

Lorsqu’un masochiste va très loin dans ce type de démarche, il existe un rite extrême nommé branding (marquage au fer rouge) qui s’est démocratisé en Californie et en Angleterre dans les années quatre-vingt, au moment où les jeux de soumission commençaient à se répandre. Utilisée pour reconnaître les animaux de ferme, c’est une marque au fer rouge imprimée dans la chair. Appelé autrefois « baiser du feu », ce rituel est un principe réservé aux couples.

On imprime dans l’épiderme d’un(e) maso les initiales de la maîtresse ou du maître, ses armoiries, son blason, sa griffe. Dans le cadre d’une relation épisodique, certains esclaves souhaitent graver à tout jamais la marque de leur propriétaire, car c’est de soumission totale et de propriété qu’il s’agit. Ainsi, un jeune père de famille arbore désormais les initiales de la célèbre dominatrice Jeanne de Berg. Après une cicarisation lente et difficile, le résultat, visible sur le ventre du S, est aussi indélébile qu’un vaccin. Porter le branding à cet endroit lui permet de voir les initiales sans avoir à se placer dos à un miroir ; choisir le bas des reins l’aurait empêché de voir la griffe.

Marque au fer rouge, le branding pratique sadomasochiste apparue dans les année 80 en Californie au moment où les jeux de soumission devenaient à la mode

 

–> Dans la pratique

Optez pour des marques de possession temporaires comme le suçon et le bleu. Ces hématomes passagers signifiant « tu m’appartiens » renforcent le sentiment amoureux. Si un S accepte de porter une marque plus durable, un fouet manié avec habileté bleuira une paire de fesses pendant une à deux semaines. Le top suivra l’évolution chromatique par téléphone ou de visu. Le bottom garde ainsi pendant quelque temps la trace d’un moment fort avant de redevenir… vierge.

 

« J’ai été amoureuse d’une fille, et j’ai accepté qu’elle me fasse un branding. C’était au milieu de la nuit, chez elle, elle avait le matériel nécessaire, on venait de baiser et de boire de l’alcool toute la soirée, on était ivres… c’est typiquement ce qu’il ne faut pas faire… Un branding laisse une marque indélébile sur le corps, et c’est important d’être sobre et d’avoir l’esprit clair afin de prendre une décision raisonnée à ce sujet… Sur le moment, je ne me suis pas posé de questions… j’aimais le rituel de préparation, qu’elle maîtrisait même en état d’ébriété, j’aimais qu’elle ait envie de me marquer, j’avais envie de lui appartenir. Je ne me rendais pas compte que ce signe de soumission allait faire partie de moi toute ma vie.

Maintenant que notre relation est terminée, je regrette de porter cette marque. Heureusement, on n’a pas terminé le branding, elle m’a laissé le choix cette nuit-là de le terminer sur le moment ou plus tard (elle se rendait certainement compte que je n’étais pas vraiment consciente de toutes les implications de ce que nous étions en train de faire) et dans un sursaut de lucidité je lui ai répondu « on le finira plus tard ». Ce qui fait que je ne porte qu’une demi-marque, heureusement. La cicatrice est petite et placée dans mon dos, où je ne peux pas la voir. »

Wendy Delorme

 

 

 

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