Prostitution, un scénario érotique très grisant

Menacer un bottom de l’emmener sur une aire de repos et de l’offrir à des camionneurs en rut satisfait le fantasme de certains travestis qui ont envie de jouer la pute. Se faire payer pour un service qu’ils envient à celles qui exercent le plus vieux métier du monde est un fantasme répandu chez des hommes bisexuels ou des hétéros qui tardent à virer leur cutie. Dans le même registre, offrir sa soumise aux clients d’un bordel est un fantasme récurrent chez 80% des dominateurs. Eh, oui, les clichés semblent immortels. En général, une soumise joue le jeu de la prostitution par amour pour son homme. De son côté, le travesti le fait pour s’accaparer une féminité illusoire, en plus du plaisir ressenti à exécuter une fellation ou une sodomie avec un inconnu.

La prostitution est un jeu SM très excitant

–> Dans la pratique

La prostitution imposée à la sauvage doit rester au stade de la menace: « Je vais t’abandonner sur un parking rempli de voyageurs de commerce, te livrer aux mains d’un équipage de sous-marin, etc. » A moins qu’il s’agisse d’une mise en scène dans le cadre d’un couple où l’un jouera le rôle du client, l’autre celui de la prostituée… Si vous postez votre soumis(e) sur le bord de l’autoroute en lui ordonnant de tapiner, attendez-vous à être arrêtés par des policiers ou pire, tabassés par des voyous.

« J’exécutais ses désirs, écartant les cuisses avant de me mettre à quatre pattes et de retrousser ma croupe comme une pouliche sur le point d’être saillie. J’étais très excitée sans penser pouvoir jouir. J’assumais le rôle qu’on avait exigé que je tienne. Je me sentais réellement dans la peau d’une putain. Ma personnalité se dédoublait. Je n’étais plus Laïka, j’étais la petite pute de mon maître. Ne pas jouir ne me dérangeait pas. Une prostituée ne doit pas jouir. Si le personnage que j’incarnais me permettait de me dépasser, l’homme et son sexe ne me procuraient pas de réel plaisir physique. Je n’étais qu’une aide-soignante, une masseuse, une travailleuse manuelle vénale et tarifée. Pour la première fois j’allais au bout du fantasme obsessionnel de Pierre, que j’avais jusqu’à présent toujours refusé. »

Vanessa Duriès, le Lien, éditions Blanche, 1993.

 

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